Quelques mots de Fred Amat ...
Lire un guide de voyage sur le Cambodge c’est comme lire une notice de médicaments à la rubrique « effets secondaires ». Piqures de serpents, scolopendres et autres scorpions, paludisme, fièvre hémorragique dengue, vols à l’arrachée, sida et mines antipersonnel, la liste est longue qui décourage plus d’un aventurier téméraire.
Les mines ! Voici le sujet qui vient juste après celui des Khmers rouges lorsqu’on évoque le pays du sourire.
interview de Jean-Pierre Billault ;
Le plus étrange, c’est qu’après bientôt trente années de déminage, les chiffres restent les mêmes dans les guides de voyages ou autre, comme s’il y avait toujours six millions de mines au Cambodge. Mais, on ne change pas les formules gagnantes ; elles ont fait la preuve de l’efficacité médiatique et du « marketing humanitaire ».
Les travaux conduits depuis 1992 par les différentes organisations de déminage relèvent une moyenne de six mines pour un hectare, tant les contours des zones minées sont incertains et la densité du minage généralement peu élevée. Cela donne un total de 390 000 mines… On est loin des six millions !
.../... Fort heureusement le nombre d’accidents par mines ne cesse de décroître et ce de façon spectaculaire. On peut aujourd’hui dire sans trop se tromper que 95% des mines antipersonnel encore enfouies ne sont plus en état de faire des victimes... L’autre raison à cette nette diminution est le vieillissement des mines soumises aux rigueurs du climat.
Il en va différemment des mines antichars protégées par une enveloppe métallique, ainsi que des munitions non explosées (UXO) qui, sous des formes diverses, se trouvent encore un peu partout. Il s’agit de grenades à main, grenades à fusil, obus de mortier, bombes à dispersion, etc.
Entre 1994 et 1996, la province de Siem Reap détenait le triste record d’accidents par mines et UXO. À l’époque, elle était couplée avec celle d’Oddar Meancheay située à la frontière avec la Thaïlande. Elle représentait une vaste province où les combats avaient duré plus longtemps qu’ailleurs. Le seul hôpital provincial de Siem Reap enregistrait alors entre 30 et 50 accidents de ce type par mois. Aujourd’hui on dénombre un à deux accidents par an.
Fille-mines.jpg
Au train où vont les choses,
dans moins de 5 ans, toutes les zones minées auront été nettoyées. [/color]
Mes chers parents, je ne sais pas pourquoi mais quelque chose me dit que tout cela n’empêchera pas les guides touristiques à continuer de demander aux visiteurs de « ne jamais s’écarter des sentiers battus ». On n’est jamais trop prudent…
A bientôt,
Frédéric Amat
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