Certains passages de cet article " historique" font bien réfléchir...
Ce 7 janvier 1979, un homme fait son retour au pays dans les camions des soldats de Hanoi : Hun Sen, ancien commandant khmer rouge qui, un an plus tôt, avait fui les purges de Pol Pot (frère numéro 1 du régime). Quarante ans plus tard, à 66 ans, il est toujours là, plus que jamais. Indéboulonnable Premier ministre, autocrate, sûr de son fait et fier d’être à la tête d’un pays à la croissance arrogante de 7 % et à la jeunesse conquérante, où les moins de 30 ans représentent près de 70 % de la population.
Hun Sen doit présider ce lundi aux commémorations de la «libération» du pays dans le stade olympique. Et se poser à nouveau en petit père du peuple khmer et d’un pays propulsé dans une métamorphose qui a des airs de rupture et de fuite en avant.
Il n’y a qu’à se promener dans Phnom Penh pour être saisi d’un vertige. En 1979, l’ancienne «perle de l’Asie» promue par les colons français du XIXe siècle était comparée à Guernica et à la Belle au bois dormant, selon l’ex-journaliste Khieu Kanharith, devenu ministre de l’Information. Si cette dernière image est juste, la première est erronée. Durant la terreur khmère rouge, Phnom Penh n’a pas été bombardé à l’instar de la ville espagnole. Les «révolutionnaires de la forêt» ont abandonné la capitale après l’avoir vidée de toute sa population en l’espace de deux-trois jours. Un fait quasi unique dans l’histoire des guerres.
SOURCE; https://www.liberation.fr/planete/2019/ ... ys_1701334
Par Arnaud Vaulerin, envoyé spécial à Phnom Penh — 6 janvier 2019 à 20:16
En une poignée d’années, un nouveau quartier a fait irruption :
une réplique de l’Arc de triomphe parisien niché entre de hauts immeubles très grossièrement haussmanniens. Plus loin, des salons de mariage avec tentures, spots et paillettes, une piscine «écologique», des tours de 30 étages avec des appartements pour nouveaux riches et expatriés fortunés, de larges avenues arborées où circulent Rolls-Royce, Porsche et 4×4 Audi et Toyota. Plus loin, un parc d’attractions clinquant et bruyant. En attendant une tour de 500 mètres, déjà en chantier.
Vous n’avez pas les permissions nécessaires pour voir les fichiers joints à ce message.