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LA FIABILITÉ…

 

 

    LA FIABILITÉ… 

http://www.ural.at/nf/mt11/index.php

Depuis que ce site existe, nous recevons de nombreux messages émanant de personnes qui aimeraient bien “sauter le pas”, mais qui veulent avant tout savoir s’il s’agit bien là d’un investissement raisonnable. Voici quelques éléments de réponse :

Le discours officiel

Consultons, par exemple (et il n’y a pas lieu de faire de grandes différences entre Ural et Dnepr) le manuel de l’heureux possesseur d’un Dnepr MT16 :

Aaaahhh ! Voici assurément une bonne acquisition ! sauf que cette satisfaction est tempérée quelques lignes plus loin :

Il faut se rendre à l’évidence, de l’avis même du constructeur, les possibilités de ces véhicules sont bien éloignées de nos standards de circulation !

Le véhicule est adapté aux besoins de ses utilisateurs

Mais avant de ricaner, on tempère son jugement en replaçant le véhicule dans son contexte : l’ex-URSS. Et ce régime n’a jamais encouragé le nomadisme individuel… Cadrés, encadrés, fichés, les individus vivent où on leur dit, adhèrent aux manifestations officielles de masse, mais ne se livrent pas au gré de leurs désirs à de longues virées sur rubans de bitume, pour aller visiter les provinces lointaines. Toute initiative un peu trop individuelle comportant de forts risques de se voir taxer “d’anti-socialiste”.

Non, les motocyclettes sont des outils de travail, des “tracteurs de la route” (voire des champs…) utilisés pour transporter des personnes ou des denrées entre domicile, marché, usine, magasin d’état, Kolkhoze, Sovkhoze , etc… mais toujours à faible allure, et dans un rayon restreint du port d’attache.

On fait avec ce qu’on a…

Si la vitrine socialiste propose de belles réussites technologiques, la réalité industrielle est parfois tout autre. On n’étudie pas, on copie ce qui se fait ailleurs. Le déficit en équipements de toutes sortes (y compris le réseau routier) est tel que la quantité s’obtient au détriment de la qualité, les machines sont utilisées au delà de leur limite d’usure, et les matériaux semblent eux-aussi souffrir d’approximation. A cela, s’ajoute probablement la motivation parfois aléatoire des différents intervenants (Résumée par la célèbre maxime : “Ils font semblant de nous payer, on fait semblant de travailler”).

Les points faibles…

Et donc on constate une série de problèmes récurrents sur de multiples motos russes :

Mauvais usinages :

Alésages des cylindres hors-cotes, ou coniques, ou bien non perpendiculaires au plan d’appui,

Roulements à billes tournant dans leurs logements,

Boites de vitesses bruyantes

Mauvais matériaux :

Roulements à billes incapables de résister aux contraintes qu’ils subissent,

Pignons de distribution qui se fragmentent,

Vilebrequins qui cassent,

Caoutchoucs qui se délitent,

Joints de couples coniques qui laissent l’huile se déverser sur la jante…

Mauvais montages :

Volants moteurs et couronnes de couples coniques qui se dévissent, Alternateurs fragiles

Obsolescence :

La conception date de 50 ans !!!,

Le montage de la colonne de direction, de type “vélo”, finit souvent par prendre du jeu,

C’est bruyant (entendre par là “bruit mécaniques divers…”),

Ca chauffe,

Ca ne freine pas…

Ca se dérègle facilement, etc…

C’est la raison pour laquelle on entend parfois parler de véhicules “fiabilisés” proposés par certains négociants.

 
Droits Réservés

Il s’agit de motos sur lesquels les points et éléments fragiles on étés corrigés, réparés, améliorés ou échangés pour une bien meilleure qualité. Ainsi on peut (espérer) en obtenir un usage (plus) long et exempt de (trop de) soucis.

…Et les points forts !

Si on les aime tant, ces motos, c’est précisément parce qu’elles ont les qualités de leurs défauts ! A savoir que – même récentes – ce sont d’agréables petites vieilles au “look” suranné et inimitable. A leur guidon, il est rare d’être victime de l’agressivité des autres usagers de la route, au contraire… On vous laisse passer pour mieux vous admirer, on vous sourit, on vous fait coucou, les parents disent “regardez” à leur enfants. Et vos amis sont indulgents lorsque vous êtes en retard !

 
 

A rouler doucement, on a une autre perception du monde, on ne se “déplace” plus, on voyage en faisant poum-poum et il y a tout à voir..

Vous allez chercher le pain ? vous allez y passer une heure car immanquablement vous allez vous faire accrocher sur le parking par quelqu’un qui se souvient de la moto de sa jeunesse et vous racontera ses souvenirs, ou bien un autre qui admire “les side-cars allemands”, sans parler de ceux qui simplement s’intéressent à la mécanique…

 
 

Ce qui est également votre cas, parce que votre “jeune mamie” nécessite des soins qu’il est préférable d’être capable d’assurer vous-même, et que vous acquérrez vite les compétences nécessaires.

Et on ne parle là que de l’entretien courant, alors si en plus elle fait des caprices !

Et pour ce prix là, on ne saurait trouver  mieux ! ce qui est également valable pour les pièces détachées, même si on est parfois obligé de se fournir à l’étranger.

Règles de conduite

Et bien tout simplement celles d’il y a cinquante ans !

http://www.pashnit.com/bikes/sidecar-ural.htm

Ca, c’est la bonne manière de ruiner un attelage, réservons-là aux spécialistes !

 

Si on est soigneux, qu’on la surveille de près et qu’on l’entretient correctement, une moto russe peut proposer de bons et loyaux services dans le domaine qui est le sien : celui de la ballade, par tous les temps et sur tous les terrains, même fortement chargée, mais loin des autoroutes et des voies rapides.

Les “nouveaux” attelages URAL

Datant de 2000, mais réellement disponibles en France depuis peu (faute d’importateur…) leur cylindrée est augmentée à 750 cm3, les cylindres sont en alliage revêtu de “Nikasil” (comme les flats BMW); des carburateurs à dépression (Keihin, japonais) remplacent les anciens Jikov; les alternateurs ont évolué pour une génération plus… moderne, il y a un démarrage électrique, des commodos japonais, certaines versions sont proposées avec crabotage de la roue du panier, voire un différentiel, etc…

 

 

Et surtout, véhicules destinés à l’exportation, ils font l’objets de soins particuliers pour satisfaire aux exigences drastiques du nouvel importateur. Et parfois, sont encore perfectionnés par les distributeurs (radiateur d’huile, carter de grande contenance, etc…).

Mais bien sûr, tout en gardant l’aspect traditionnel (immuable ?) des attelages d’il y a plus d’un demi-siècle ! Que demande le peuple ?

La seule réticence possible concernerait la fiabilité de ces nouveaux engins, encore trop récents pour que l’on sache comment il vont vieillir.